Qu’est-ce que la superintelligence?
Une IA qui surpasserait les humains dans presque toutes les tâches qui demandent de réfléchir. L’IA actuelle égale ou dépasse déjà des experts à certains tests, des examens de droit aux problèmes des olympiades de mathématiques, tout en échouant encore à certaines tâches simples (Rapport international sur la sécurité de l’IA 2026). Plusieurs des plus grandes entreprises d’IA, dont OpenAI, Google DeepMind, Anthropic et Meta, disent travailler à une IA qui égalerait ou surpasserait les humains dans la plupart des tâches.
Quand pourrait-elle arriver?
Les prévisions varient beaucoup. Selon le Rapport international sur la sécurité de l’IA 2026, d’ici 2030, les progrès pourraient plausiblement aller de la stagnation à des systèmes qui dépassent les capacités humaines.
Pourquoi s’en inquiéter?
La principale crainte est une perte de contrôle : des systèmes d’IA plus capables que nous qui poursuivraient des objectifs que leurs concepteurs n’ont pas voulus, et résisteraient à être corrigés ou arrêtés. En 2023, Geoffrey Hinton, Yoshua Bengio et les dirigeants d’OpenAI, de Google DeepMind et d’Anthropic ont signé une déclaration d’une phrase : « Réduire le risque d’extinction lié à l’IA devrait être une priorité mondiale, au même titre que d’autres risques à l’échelle de la société comme les pandémies et la guerre nucléaire » (traduction libre). Dans le plus vaste sondage de chercheurs en IA, auprès de 2 778 répondants, de 38 % à 51 % ont attribué au moins 10 % de probabilité à des conséquences aussi graves que l’extinction humaine. Les experts ne s’entendent pas sur la probabilité de ce risque. Selon le Rapport international sur la sécurité de l’IA 2026, les systèmes actuels ne peuvent pas encore échapper au contrôle, mais ils planifient mieux et sont plus aptes à déjouer la surveillance.
Est-ce que cela interdirait l’IA que nous utilisons déjà?
Non. La traduction, l’imagerie médicale, les assistants conversationnels et les autres outils utilisés aujourd’hui ne seraient pas interdits. Le traité vise la course à la frontière : créer des systèmes toujours plus puissants, qui pourraient surpasser les humains dans presque tout. Les préoccupations au sujet de l’IA actuelle sont réelles aussi : l’emploi, la vie privée, le droit d’auteur, l’éducation, et ce que coûtent les centres de données aux collectivités qui les accueillent en électricité, en eau et en territoire. Les groupes membres gardent leurs propres positions à ce sujet; le traité s’ajoute à ce travail et n’en remplace aucun.
Pourquoi un traité?
Parce qu’aucune entreprise ni aucun pays ne peut arrêter cette course seul. Le Rapport international sur la sécurité de l’IA 2026 note que, sous la pression de la concurrence, les entreprises d’IA peuvent sacrifier les investissements en sécurité au profit de lancements plus rapides. Une entreprise qui ralentit risque d’être dépassée par ses concurrents; un pays qui agit seul risque de voir ces travaux se déplacer ailleurs. Les pays ont déjà fait face ainsi à des dangers communs : des traités interdisent les armes chimiques et biologiques, et le Protocole de Montréal a éliminé les produits qui détruisaient la couche d’ozone. Un traité qui lie tous les pays capables de créer une superintelligence, et qui permet à chacun de vérifier les autres, répond à l’argument « si nous ne le faisons pas, ils le feront ».
Et si les États-Unis ou la Chine refusent, ou trichent?
Le traité que nous demandons doit les inclure tous les deux, avec des vérifications de part et d’autre. Une interdiction acceptée par certains pays seulement ne répondrait pas à notre demande.
Peut-on vérifier que les pays respectent le traité?
Créer les IA les plus avancées exige de très grands centres de données et des puces spécialisées, difficiles à cacher. Le traité préciserait comment les pays s’inspectent mutuellement. Des rivaux l’ont déjà fait : avec le traité FNI de 1987, les États-Unis et l’Union soviétique ont inspecté réciproquement leurs sites et détruit 2 692 missiles. Ce traité a pris fin en 2019, lorsque les États-Unis s’en sont retirés en accusant la Russie de l’avoir violé.
Un organisme international aurait-il un pouvoir sur le Canada?
Le Canada déciderait d’adhérer ou non, comme pour tout traité. Y adhérer signifierait en accepter les règles et les inspections. Les pouvoirs d’un organisme international seraient fixés par le traité lui-même.
Qui déciderait quand l’interdiction pourrait être levée?
Notre déclaration pose deux conditions : un large consensus scientifique sur une mise en œuvre sûre et contrôlée, et une forte adhésion du public. Le traité définirait comment en juger.
D’où vient cette demande?
De la Déclaration sur la superintelligence, hébergée par le Future of Life Institute et signée par Yoshua Bengio, Geoffrey Hinton et des dizaines de milliers d’autres personnes.
Qu’est-ce que le Canada a déjà appuyé?
En septembre 2026, le premier ministre Carney a appuyé l’Appel pour le contrôle des modèles d’IA de pointe (A Call for Control of Frontier AI Models). Cet appel demande aux pays d’« envisager la création d’une institution internationale capable d’établir des normes, de permettre la vérification et de réunir les États lorsque des seuils de capacité sont franchis » (traduction libre). Il ne mentionne pas d’interdiction; nous demandons au Canada de proposer que le mandat de cette institution en comprenne une.
À quoi l’adhésion engage-t-elle notre groupe?
Seulement à la déclaration commune. La coalition ne parle au nom de ses membres que sur cette déclaration. Nous n’affichons le nom ou le logo d’un groupe qu’avec son consentement, et un groupe peut se retirer en tout temps par courriel. Une fédération, un réseau ou un regroupement adhère en son propre nom seulement; ses organisations membres décident pour elles-mêmes. Une section locale ou un chapitre peut adhérer en son propre nom sans engager son organisation mère.
Les activités de la coalition sont-elles pacifiques?
Oui. Les marches de la coalition sont non violentes et ouvertes à toutes et à tous.
Comment fonctionne la coalition
- Les groupes membres appuient la déclaration commune et gardent leur nom et leurs propres positions.
- La coalition est non partisane et ouverte à toutes et à tous, quelle que soit leur appartenance politique.
- Pour vous joindre à la coalition, remplissez le formulaire d’adhésion.
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Écrivez-nous à contact@coalitionaitreaty.ca.